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Pignon sud et façade ouest en menuiseries de réemploi

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bois
local
réemploi
participatif
paille
bioclimatique
terre crue
sobriété
soin

La Ferme des Possibles

Construction d’une ferme urbaine

Lieu : Stains (93)

Maîtrise d'ouvrage : Coopérative Novaedia

Maîtrise d’œuvre : archipel zéro - Frédéric DENISE Architectes / BELLASTOCK BET réemploi de matériaux

Surface : 1 880 m²

Coût travaux : 4 100 000 euros HT, y compris cuisine et thermo-frigopompe

Année : 2020

Autres intervenants : Socotec, Veritas

Entreprises : Colas, Sylva Métal, Bois2bout, Depuis 1920, Cesbron-Dalkia Froid Solutions, Rainbow Ecosystem, Portelec, RenovConsulting, AF Rénovation, Labo Conseil, 3C, S2A, Gaillat

Livraison 2020

Présentation du projet

Résilience est le siège social de Novaedia, coopérative d'insertion qui développe une boucle alimentaire locale, biologique et solidaire, construit sur La Ferme des Possibles à Stains (93).

En cohérence avec les pratiques de la coopérative, inspirées par la permaculture et en symbiose avec son territoire, le bâtiment a été construit de façon bioclimatique avec des matériaux bio/géo-sourcés et des matériaux de réemploi. Il concilie au sein d'un même bâtiment une approche low-tech et high tech : mur trombe et enduits en terre crue côtoient sans complexes cuisine-laboratoire et thermo-frigo-pompe.

Le bâtiment est en structure bois, portiques en lamellé-collé et planchers en CLT, réalisés avec du bois de forêts françaises. Les façades isolantes, intérieures et extérieures, sont composées de caissons préfabriqués en bois remplis de paille compressée et enduits de terre crue aux deux faces.

Les façades vitrées sont réalisées avec des fenêtres en bois à simple vitrage, issues de la rénovation thermique d'un ensemble de logements sociaux à Epinay-sur-Seine, à moins de 4 km du site. 

La terre des déblais a été utilisée pour réaliser les enduits de finition, en la mélangeant à de la fibre de cellulose issue des cartons d'emballage du chantier. Cette terre est aussi présente dans le bar de la cafétéria, mélangée à du béton concassé pour réaliser des murets en pisé. Ces mélanges ont évité tout rajout de sable pour stabiliser cette terre très argileuse.

De nombreux matériaux de réemploi ont été mis en œuvre dans la construction et l'équipement de Résilience. Leurs origines sont multiples : Bellastock, Métabolisme Urbain, Réavie, le Bon Coin, la Mairie de Paris ou glanées par les entreprises elles-mêmes sur leurs chantiers de rénovation.

Les apports solaires sont mis à profit par des espaces tampons et un mur trombe. Etant donné la présence importante de locaux réfrigérés, les espaces chauffés bénéficient d'une thermofrigopompe, récupérant ainsi l'énergie servant à produire du froid, pour chauffer en même temps les locaux.

Environnement urbain

Le site de la Ferme des Possibles est entouré de grandes zones urbaines : équipements, zone d’activité et zone pavillonnaire. Par son gabarit, sa forme et sa matérialité, le bâtiment s’insère dans ce contexte périurbain à l’articulation de ces 3 zones. 

L'emprise du bâtiment, d’environ 1000 m², et sa longueur de 70 m sont en cohérence avec les gabarits de la zone d’activité du Bois Moussay et les grands équipements environnants (lycée, clinique…) tandis que sa forme, son orientation et sa matérialité, avec sa façade Est en enduit blanc et son toit en tuiles de terre cuite le rapprochent des pavillons tout proches.

L’implantation du projet était très contrainte, car le terrain en tant que zone agricole est inconstructible, sauf sur une étroite bande orientée nord-sud, en continuité de la zone pavillonnaire, sur laquelle le programme rentrait tout juste. Cette configuration tout en longueur a été exploitée pour y intégrer un séquençage des locaux, matérialisant une marche en avant de la transformation des denrées.

Démarche développement durable du Maître d’Ouvrage

La démarche de la coopérative Novaedia est basée sur la permaculture. Il ne s’agît pas seulement de la façon de cultiver, mais surtout d’associer les ressources et énergies humaines existantes sur le territoire, les faire travailler ensemble pour faire émerger de nouvelles pratiques, adaptées au monde qui vient. D’où le nom de Résilience.

La démarche environnementale de Novaedia est en cohérence avec ces principes et son engagement pour l'insertion des personnes exclues du monde du travail. La raison d'être de Novaedia est en effet de réussir une économie sociale et solidaire dans les quartiers populaires pour développer des éco-activités, en permettant l’accompagnement et la formation de travailleurs handicapés et de jeunes habitants vers des métiers porteurs.

Son savoir-faire est de concilier développement local, développement durable et insertion professionnelle, suivant l’idée que les ressources des uns répondent aux besoins des autres et que le déchet n'existe pas. La Ferme des Possibles a vocation à devenir une vitrine pédagogique de sensibilisation à la permaculture et au développement durable.

Grâce à la construction de Résilience et aux aménagements de La Ferme des Possibles, Novaedia a l’ambition d'en faire une ferme urbaine expérimentale, qui a vocation à être répliquée sur tous les territoires urbains. Il s’agît de démontrer qu’un terrain d’environ un hectare est suffisant pour accueillir vergers et potagers, serres, cuisine centrale, logistique et restaurant. Mais aussi qu’en l’associant avec les fermes avoisinantes, des acteurs locaux de l’économie sociale et solidaire, les collectivités locales et les habitants, on peut engager une dynamique de mobilisation citoyenne autour des enjeux de l’alimentation, de l’environnement et de la biodiversité au sein des quartiers populaires tout en créant des emplois d’avenir.

Description architecturale

Résilience abrite au RDC des locaux logistiques et de production : stockage, conditionnement, laboratoire de cuisine et une cafeteria. L'étage accueille des bureaux, des espaces de formations et de réunion.

Le parti architectural est un volume d’une grande simplicité, inspiré d’une longère, en référence à sa vocation agricole, totalement transparent sur ses façades les plus exposées, rendant évidente sa matérialité : le réemploi, le bois, la terre et la paille.

Les contraintes de distribution au sein de ce programme complexe de laboratoire de préparation culinaire se superposent parfaitement à des principes bioclimatiques. Seule une étroite bande de terrain était constructible, orientée nord-sud. Cette linéarité est assez cohérente avec le programme, qui se concrétise par un séquençage des fonctions. De la réception des denrées à la livraison de repas, une suite d’opérations induit ce séquençage, suivant une marche en avant; de la réception des denrées à la distribution des produits finis, sans croisement. Le plan a donc été conçu avec une double circulation périphérique, permettant d’irriguer de façon simple et fonctionnelle les locaux, sans croisement des circuits propres et sales. Ces espaces de distribution non chauffés, en périphérie du bâtiment, forment des espaces tampons, éclairés par les façades vitrées en menuiseries de réemploi. Les façades intérieures abritant les locaux chauffés sont réalisées en caissons bois remplis de paille compressée, recouverte d’un enduit en terre crue aux deux faces. L’extrémité sud en bout de chaîne abrite le restaurant. 

Le pignon sud est traité en mur trombe, réalisé en briques BTC de réemploi (issues de la Ville des Terres de BELLASTOCK). Entouré des jardins des pavillons voisins, il chauffe, rafraichit et éclaire le restaurant tout en préservant l’intimité du lieu.

 

Réversibilité / adaptabilité

 

A part les fondations et le plancher bas en béton, la conception du bâtiment a privilégié des modes constructifs réversibles afin de faciliter toute évolution des usages et faciliter sa déconstruction.

 

La charpente bois et planchers CLT sont assemblés par boulonnage, les caissons en bois remplis de paille sont également assemblés entre eux par boulonnage, les cloisons et faux-plafonds isothermes sont escamotables.

 

Economie sociale et solidaire et insertion professionnelle

 

Le Maître d'Ouvrage est une coopérative d'insertion professionnelle. Il était naturel que la construction de son outil s'inscrive dans une démarche d'économie sociale et solidaire. 

 

Le recours à des entreprises locales et des fournisseurs locaux a été privilégié.

 

Les enduits de finition sur les caissons paille ainsi que le bar en pisé ont été réalisés en chantier participatif avec les membres de la coopérative, voisins et volontaires de tous horizons. Il s'est agît de diffuser des pratiques vertueuses, simples à répliquer, avec des matériaux abondants, partout disponibles, sans dommages pour l'environnement ; c'est à dire des pratiques économiquement soutenables, qui remplaceront peu à peu les pratiques nocives pour l'environnement et constitueront les métiers de demain.

Pour aller plus loin

https://topophile.net/faire/la-ferme-des-possibles-ou-de-la-serendipite/

http://materiauxreemploi.com/visite-de-chantier-resilience-la-ferme-des-possibles-a-stains/

https://www.bellastock.com/projets/resilience/

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Reportage Télématin / France 2 du 15 octobre 2019

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Reportage 18h39 / août 2020